Nouveau gouvernement bruxellois : La lutte contre l’antisémitisme ainsi que toutes les formes de racisme mérite mieux !

Après une crise de plusieurs centaines de jours, Bruxelles a enfin son gouvernement régional, associant MR, PS, Engagés, Groen, Anders, Vooruit et le CD&V.

A la lecture de la Déclaration de politique régionale (23 pages), c’est-à-dire le programme du nouvel exécutif bruxellois, c’est la déception qui domine en matière de lutte contre l’antisémitisme et le racisme.

Une seule phrase vague et sans engagements précis, notamment en termes de moyens budgétaires, figure à la dernière page :

“Le Gouvernement évaluera les plans d’action pour lutter contre la violence faites aux femmes et aux personnes LGBTQIA+, contre le racisme et l’antisémitisme et contre l’isolement des personnes. Le cas échéant, il adoptera un nouveau plan d’action”. 

Cette mention creuse n’est pas à la hauteur de la réalité du racisme et de l’antisémitisme en région bruxelloise, ville qui compte de nombreuses minorités culturelles.

La lutte contre l’antisémitisme ainsi que toutes les formes de racisme mérite mieux !

Après une crise de plusieurs centaines de jours, Bruxelles a enfin son gouvernement régional, associant MR, PS, Engagés, Groen, Anders, Vooruit et le CD&V.

A la lecture de la Déclaration de politique régionale (23 pages), c’est-à-dire le programme du nouvel exécutif bruxellois, c’est la déception qui domine en matière de lutte contre l’antisémitisme et le racisme.

Une seule phrase vague et sans engagements précis, notamment en termes de moyens budgétaires, figure à la dernière page :

“Le Gouvernement évaluera les plans d’action pour lutter contre la violence faites aux femmes et aux personnes LGBTQIA+, contre le racisme et l’antisémitisme et contre l’isolement des personnes. Le cas échéant, il adoptera un nouveau plan d’action”. 

Cette mention creuse n’est pas à la hauteur de la réalité du racisme et de l’antisémitisme en région bruxelloise, ville qui compte de nombreuses minorités culturelles.

Comme le Collectif Golem Belgique l’écrivait dans un récent appel à la lutte contre l’antisémitisme signé par plus de 1400 personnes, 

« Même s’il n’a jamais disparu, l’antisémitisme atteint un niveau dramatiquement élevé en Belgique comme ailleurs (…), Ce niveau d’antisémitisme se déploie dans un contexte où d’autres formes de racisme et de discrimination – notamment antimusulman – prospèrent, alimentant un climat de polarisation et de ressentiment. Ainsi, il n’est pas rare de voir les mêmes logiques de suspicion et d’accusation à l’œuvre : les uns étant soupçonnés d’être des « sionistes génocidaires pro-israéliens » jusqu’à preuve du contraire, les autres d’être des soutiens du terrorisme djihadiste ou associés aux Frères musulmans. Ce contexte incite un nombre de plus en plus important de Juives et Juifs de Belgique à s’interroger sur leur avenir dans leur pays, voire à envisager leur départ. »

L’antisémitisme présente un caractère structurel : exactement comme d’autres formes de racisme, il est profondément ancré dans notre société, à tous les niveaux.

La faiblesse de l’accord gouvernemental à ce sujet contraste également avec la manière dont la question de l’antisémitisme et du racisme sature pourtant le débat politique de manière parfois cynique et opportuniste, offrant le spectacle de « guerres culturelles » et accusations réciproques, sans jamais donner lieu à la mise en place de politiques publiques réellement ambitieuses.

Par conséquent, il est fondamental et urgent que le nouveau gouvernement bruxellois travaille à un plan cohérent d’actions concrètes visant à lutter contre l’antisémitisme, de même qu’envers les autres formes de racisme qui prospèrent, en veillant à tenir compte de leurs spécificités respectives.

Comme chaque forme de racisme, l’expérience de l’antisémitisme contemporain a en effet ses particularités, celles-ci étant trop souvent inconnues ou invisibilisées. 

Il faut une vraie politique publique, combinant des outils de mesure, des instruments préventifs et éducatifs, un volet répressif, ainsi que des mesures de soutien et de protection.

En tant que collectif engagé contre l’antisémitisme, observer l’ambassadeur d’un gouvernement au programme illibéral et autoritaire pour son pays comme pour toute l’Europe – et dirigé par un Président qui tient régulièrement des propos racistes – utiliser le climat réel d’antisémitisme en Belgique pour mettre à mal la séparation des pouvoirs ainsi que la souveraineté de la démocratie belge est insupportable, comme nous sont insupportables le déni et l’indifférence face à la haine antisémite.

On ne lutte pas contre l’antisémitisme en piétinant les garanties de l’état de droit ou aux côtés de racistes (et vice versa: on ne peut prétendre lutter contre le racisme aux côtés d’antisémites). C’est impossible moralement, politiquement et pratiquement.

La meilleure manière de lutter contre les instrumentalisations de l’antisémitisme, d’où qu’elles viennent, c’est avant tout… lutter fermement et concrètement contre l’antisémitisme.

Une véritable action antiraciste a pour principal centre d’intérêt les victimes du racisme et non le discours de ceux qui instrumentalisent ou nient le racisme.

Le Collectif Golem Belgique se tient à la disposition du nouveau gouvernement bruxellois pour participer à l’élaboration d’un programme ambitieux en matière de lutte contre l’antisémitisme et les autres formes de racisme, dotés des moyens nécessaires, fort de ses travaux et propositions.

Pas de grandes ou petites phrases, pas de polémiques et polarisations inutiles, mais un gouvernement pleinement en action pour protéger ses minorités de toutes les formes de haine et d’exclusion !