Communications

La “crèche judéo-chrétienne” de Bruxelles, vraiment ?

La nouvelle crèche installée sur la Grand Place de Bruxelles est le lieu de tous les fantasmes, un attracteur d’idéologies confusantes, le miroir d’une époque où tout est susceptible d’être instrumentalisé. A peine inaugurée, la scène de la nativité devenait l’objet d’un simulacre de débat religieux dans une société réellement obsédée par l’identité. A Golem, un texte a particulièrement attiré notre attention : un éditorial de Romain Goffinet dans SudInfo (29/11/2025) qui s’inscrit dans le discours de la menace existentielle devant la perte culturelle. Dans sa défense des traditions, le journaliste avance sans sourciller que « par définition, une crèche renvoie à la culture judéo-chrétienne à la base de notre société ». Il y a tellement de confusion dans cette phrase qu’il faudrait une longue démonstration pour démêler les fils de fake news, idéologie droitière, islamophobie et effacement culturel. Nous allons nous cantonner à pointer quelques éléments. 1. La scène de la nativité est une image proprement chrétienne qui n’a pas de lien avec la religion ou les cultures juives. Si Jésus naît, vit et meurt en Juif, la représentation de sa naissance prend son sens dans la religion forgée par ses disciples et non dans sa communauté d’origine. Certains groupes religieux

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Fantasmer les noms : un élément clé de la mécanique antisémite

La figure de l’homme politique belge Jean Gol, décédé en 1995, a été à plusieurs reprises la cible d’attaques antisémites, comme le rappelle la récente profanation de sa tombe. Un signe révélateur de ce racisme est l’obsession autour de son nom, qui continue de faire l’objet d’un véritable acharnement, même 30 ans après sa disparition. L’idée que le “vrai” nom de Jean Gol était “Goldstein” ou “Golstein” est très répandue, elle figure dans des articles récents de la VRT, De Standaard (qui a depuis rectifié l’erreur), Knack, mais aussi dans Le Vif et Courrier international. L’obsession du “vrai” nom apparait également dans cette citation de Sam van Rooy, dans laquelle le député du Vlaams Belang mentionne de manière opportuniste la profanation de la tombe de Jean Gol: La notice Wikipédia consacrée à Jean Gol reprend cette invention en citant le journal De Standaard, preuve que la présence d’une source journalistique n’est pas toujours gage de vérité: La section “Discussion” de la page Wikipédia dévoile la ténacité de la croyance et retrace la constance avec laquelle les contributeurs modifient régulièrement les rectifications de la famille Gol concernant leur nom de famille: On le sait, les noms juifs font fantasmer, par ce

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Oublier qui sont les assassins de Rabin et de son héritage politique, c’est le tuer une seconde fois.

Il y a trente ans jour pour jour, le 4 novembre 1995, Yitzhak Rabin, alors Premier ministre d’Israël, était assassiné par un ultranationaliste juif israélien après avoir assisté à une grande manifestation populaire en faveur du processus de paix israélo-palestinien. Né à Jérusalem en 1922, Yitzhak Rabin a fait une carrière militaire dans l’armée israélienne jusqu’à devenir chef d’état-major. Il sera ensuite premier ministre de 1974 à 1977, puis de 1992 jusqu’à son assassinat en 1995. En 1993, Rabin signe avec Yasser Arafat les accords d’Oslo, qui consacrent le choix d’une résolution politique et non militaire du conflit israélo-palestinien et jettent les bases d’une autonomie palestinienne. En 1994, il signe un traité de paix avec la Jordanie. Les accords d’Oslo devaient ouvrir la voie à une résolution définitive du conflit israélo-palestinien. Ce processus sera combattu par le Hamas, qui commettra des attentats-suicides pour mettre à mal le soutien de l’opinion publique israélienne, ainsi que par la droite et l’extrême droite, Netanyahou en tête, faisant de Rabin un traître à son pays et même aux valeurs juives. Rabin sera même caricaturé en habits d’officier nazi SS lors des manifestations de la droite israélienne. Ce climat aboutira à son assassinat par un

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Les médias flamands et le « lobby juif »

Dans plusieurs médias flamands (Het Laatste Nieuws, Knack, De Tijd, Gazet van Antwerpen, VRT), on lit de plus en plus que la position des partis politiques sur Israël/Palestine s’expliquerait par « la pression du lobby juif », un cadrage faux et dangereux. Un fait simple : il n’existe pas de « lobby juif ». En Belgique, il existe des organisations coupoles comme le CCOJB (francophone) ou le Forum der Joodse Organisaties (flamand), qui regroupent une série d’institutions avec des sensibilités différentes sur de nombreux sujets. De surcroît, ces organisations sont loin de représenter toutes les associations et institutions juives. C’est le cas de Golem, comme d’autres organisations de fait ou avec personnalité juridique. Les dirigeants de ces organisations coupole ne sont pas des élus du « suffrage juif », qui n’existe pas, mais sont désignés par ces institutions elles-mêmes. Bien entendu, il existe des personnes ou groupes d’intérêts pro-Israël, ou plus exactement pro-gouvernement, dont d’ailleurs nombre ne sont pas juifs, comme il peut exister des lobbies qui défendent les intérêts d’autres pays (Maroc, Turquie, Arménie…). Lorsque la presse flamande défend l’usage de « lobby juif », elle suppose que la communauté juive est homogène et qu’elle a la capacité d’influencer la politique. Or malgré leur faible nombre (moins

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De Vlaamse media en de « Joodse lobby”

22:34 In verschillende Vlaamse media (HLN, Knack, De Tijd, GVA, VRT) lezen we steeds vaker dat politieke standpunten over Israël/Palestina zouden worden bepaald door ‘de druk van de Joodse lobby’. Dit is een framing die fout én gevaarlijk is. Een simpel feit: er bestaat geen ‘Joodse lobby’. In België zijn er koepelorganisaties zoals het Franstalige CCOJB en het Vlaamse Forum der Joodse Organisaties, die verschillende instellingen bundelen met vaak uiteenlopende gevoeligheden over tal van thema’s. Bovendien vertegenwoordigen die koepels lang niet alle Joodse verenigingen en instellingen. Denk bijvoorbeeld aan Golem, of andere feitelijke verenigingen en organisaties met rechtspersoonlijkheid. De leiders van deze koepels zijn geen ‘gekozenen van het Joodse volk’. Zoiets bestaat eenvoudigweg niet. Ze worden aangeduid door de aangesloten instellingen zelf. Uiteraard zijn er individuen of belangengroepen die pro-Israël zijn, of juister gezegd: pro de Israëlische regering. Heel wat van hen zijn trouwens geen Joden. Net zoals er lobbygroepen bestaan die de belangen van andere landen verdedigen (Marokko, Turkije, Armenië…). Wanneer de Vlaamse pers spreekt over een ‘Joodse lobby’, vertrekt ze van de foutieve veronderstelling dat de Joodse gemeenschap homogeen is én de macht heeft om de politiek te sturen. Joden in België vertegenwoordigen minder dan 1% van de

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Témoignages antisémitisme : les Juifs et l’argent

Lors d’un entretien d’embauche où on m’a demandé mes prétentions salariales, la patronne qui m’interrogeait a dit : « Vous les juifs, vous aimez l’argent. » J’étais sous le choc. Étudiante à l’université, je devais réaliser un travail avec un binôme. Dans le cadre de ce travail, on allait acheter un livre chacun (30€ par livre). Il m’a dit que c’était la fin du mois donc que ça serait compliqué pour lui. Je lui ai expliqué que j’économisais pour acheter une voiture, donc que je pouvais lui avancer l’argent. Il m’a répondu qu’effectivement, les Juifs ont beaucoup d’argent. Au début, j’ai pensé qu’il rigolait. Je suis doctorante en thèse et j’ai obtenu des financements de l’université. Tous les doctorants ont la même somme, c’est un droit partagé. Pourtant, un de mes collègues a raconté que « j’en avais profité pour m’en mettre plein les fouilles » et il véhicule des idées vraiment stéréotypées autour du fait que « j’aime l’argent », « que je profite des contrats de l’université pour m’enrichir », alors que tous les doctorants ont exactement le même salaire et les mêmes aides. J’ai été convoquée par ma direction de thèse et par l’école doctorale, j’ai dû expliquer que je ne « détournais » pas l’argent de

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