Communications

Revoir la loi contre le racisme ? Pour Golem c’est oui… mais en vue de renforcer la lutte antiraciste et non la détricoter !
Le collectif Golem Belgique s’étonne et s’inquiète des propos du Premier Ministre Bart de Wever, qui a proposé de réduire le champ de la législation antiraciste (et, par ricochet, les dispositions légales qui concernent la LGBTQ+-phobie, le sexisme etc.). Envoyer un tel signal est totalement irresponsable alors que toutes les formes de racisme prospèrent aujourd’hui à un niveau élevé et pourrissent la vie de nombreux citoyens belges. Nous demandons au contraire un renforcement de ces législations, que ce soit en pénalisant l’injure raciste ou en corrigeant la loi pour éviter l’impunité à d’autres Brusselmans. Pour rappel, un tribunal a récemment interprété la loi antiraciste de manière à ce que les propos de Mr. Brusselmans, exprimant l’envie « d’enfoncer un couteau pointu dans la gorge de chaque juif que je rencontre », échappent à toute condamnation. Cette décision a créé un précédent dangereux vidant largement les législations contre les appels à la haine et la violence de leur substance. Sans correction, des propos tels que « j’ai envie de violer toutes les femmes que je rencontre », « j’ai envie de brûler tous les personnes homosexuelles », « je veux poignarder tous les musulmans », bénéficieront aussi d’une impunité. Il est

19 avril: date anniversaire d’un fait de résistance extraordinaire, l’attaque du XXe convoi
Le 19 avril 1943, il y a 83 ans jour pour jour, le XXème convoi de déportation des juifs de Belgique vers Auschwitz est attaqué dans la nuit par 3 résistants : Youra Livschitz Robert Maistriau & Jean Franklemon Ensemble, ils libéreront de leur wagon 17 personnes promises à la mort. De toute la 2ème Guerre mondiale, c’est l’unique épisode de ce type recensé à travers toute l’Europe ! Alors que le front de l’indépendance et le CDJ estiment le projet d’attaquer un des convois de déportation partant de Malines trop risqué, Youra Livschitz, isssu d’une famille juive d’origine bessarabienne installée en Belgique depuis 1927, décide de s’en emparer et convainc 2 de ses amis (non-juifs), Jean Franklemon et Robert Maistriau, de monter l’opération avec lui. Les 3 hommes ont réussi à rassembler…1 seul pistolet, fourni par Richard Altenhoff, pour mener leur assaut du convoi escorté par la police allemande en tête et en queue de train. Le XXème convoi transporte 1636 déportés, pour la 1ère fois dans des wagons à bestieaux, dont plus de 250 enfants. Le plus jeune, Suzanne Kaminski, est âgée de 39 jours. Le plus âgé, Jacob Blom, a plus de 90 ans. Le 19 avril

L’énigme “anthropologique” de Jean-Marie Dermagne
Jean-Marie Dermagne (ancien bâtonnier du barreau de Namur) fait partie de ces trop nombreux individus qui ne peuvent s’empêcher, en paraissant dénoncer les méfaits et les crimes commis par le gouvernement israélien, de les faire retomber sur l’ensemble des Juifs. En voici le dernier exemple (des milliers de vues, des centaines de commentaires et de partages) : La question qu’il soulève repose sur un double amalgame : celui de l’ensemble des Juifs avec les Israéliens et celui des Israéliens dans leur ensemble avec les responsables et les auteurs des crimes commis à l’encontre des Palestiniens. Mais le plus important est sans doute l’intitulé de sa question : « Énigme anthropologique ». Est-ce la même énigme qui conduirait à demander : Comment un “peuple” qui s’est battu héroïquement pour s’affranchir du joug colonial de la couronne britannique et adopter la première constitution libre des Temps modernes a-t-il pu procéder au génocide des populations amérindiennes et réduire des millions de Noirs en esclavage, puis les soumettre pendant un siècle encore à la ségrégation raciale ? Comment un “peuple” qui a mené la plus grande révolution de l’histoire et proclamé la déclaration des droits de l’homme a-t-il pu quarante ans plus tard se livrer à

Série: Analyse des réactions suite à notre “Appel à la lutte contre l’antisémitisme” Episode 2 : le déni
Suite à la publication de l’“Appel à la lutte contre l’antisémitisme: à quand le sursaut?” dans Le Soir et Knack, nous avons recueilli une série de réactions sur les réseaux sociaux. Ces commentaires illustrent par l’absurde une grande partie des constats que le texte de l’appel dressait, en particulier celui du déni. Nous avons collecté un échantillon de 70 commentaires et identifié les principaux mécanismes à l’œuvre. Tous les commentaires ont été anonymisés. Beaucoup de réactions remettent en question la réalité de l’antisémitisme, qui se manifeste, comme tous les autres racismes, dans des actes et des discours. Derrière cette idée, le soupçon toujours présent que l’on confond l’antisémitisme avec la critique d’Israël: Pourtant, médias et académiques spécialisés alertent contre l’augmentation de ce fléau depuis les années 2000, attesté par de nombreux rapports. Un exemple par ici : Face à des personnes qui souhaitent dénoncer le racisme dont elles sont victimes (qu’elles soient juives, noires, musulmanes etc.), il est indigne de la part de ceux se disant antiracistes d’avoir comme première réaction le fait de questionner la réalité du phénomène. Ces commentaires rappellent ceux qui touchent tous les autres racismes, mais aussi le sexisme ou l’homophobie : tant qu’on ne l’a

Série: Analyse des réactions suite à notre “Appel à la lutte contre l’antisémitisme » Episode 1 : l’essentialisation
Suite à la publication de l’“Appel à la lutte contre l’antisémitisme: à quand le sursaut?” dans Le Soir et Knack (lien en bio), nous avons recueilli une série de réactions sur les réseaux sociaux. Ces commentaires illustrent par l’absurde une grande partie des constats que le texte de l’appel dressait, en particulier celui du déni. Nous avons collecté un échantillon de 70 commentaires et identifié les principaux mécanismes à l’œuvre. Tous les commentaires ont été anonymisés. Premier mécanisme: l’essentialisation. omme tous les racismes, l’antisémitisme recourt à l’essentialisation du groupe cible, c’est-à-dire l’effacement des différences pour créer un ensemble homogène. C’est par ce processus d’essentialisation propre au racisme que l’armée israélienne devient “l’armée du ‘peuple élu’”. Notons au passage le trope antisémite de l’usage de cette expression, qui sous-entend que les Juifs se pensent meilleurs que les autres, dévoyant complètement le sens que ce concept a dans la théologie juive. La référence du “vous” est ici claire: ce sont bien les Juifs (= les victimes du génocide nazi) qui sont collectivement coupables de génocide: C’est l’essentialisation qui rend possible l’amalgame entre “les Juifs” et les actions du gouvernement israélien. Puisqu’il s’agit d’un groupe compact, il y a une continuité naturelle entre

Nouveau gouvernement bruxellois : La lutte contre l’antisémitisme ainsi que toutes les formes de racisme mérite mieux !
Après une crise de plusieurs centaines de jours, Bruxelles a enfin son gouvernement régional, associant MR, PS, Engagés, Groen, Anders, Vooruit et le CD&V. A la lecture de la Déclaration de politique régionale (23 pages), c’est-à-dire le programme du nouvel exécutif bruxellois, c’est la déception qui domine en matière de lutte contre l’antisémitisme et le racisme. Une seule phrase vague et sans engagements précis, notamment en termes de moyens budgétaires, figure à la dernière page : “Le Gouvernement évaluera les plans d’action pour lutter contre la violence faites aux femmes et aux personnes LGBTQIA+, contre le racisme et l’antisémitisme et contre l’isolement des personnes. Le cas échéant, il adoptera un nouveau plan d’action”. Cette mention creuse n’est pas à la hauteur de la réalité du racisme et de l’antisémitisme en région bruxelloise, ville qui compte de nombreuses minorités culturelles. La lutte contre l’antisémitisme ainsi que toutes les formes de racisme mérite mieux ! Après une crise de plusieurs centaines de jours, Bruxelles a enfin son gouvernement régional, associant MR, PS, Engagés, Groen, Anders, Vooruit et le CD&V. A la lecture de la Déclaration de politique régionale (23 pages), c’est-à-dire le programme du nouvel exécutif bruxellois, c’est la déception qui domine