Communications

Témoignages antisémitisme : Imaginaire conspirationniste
1 Je faisais partie d’une association (la majorité des personnes savaient que je suis Juive), et un jour, quelqu’un m’a dit qu’il trouvait ça frustrant (ou étrange, ou quelque chose du style), qu’on ne voie les Juifs nulle part, comme si on se cachait, et qu’il trouvait ça frustrant parce qu’il aimerait parler et échanger avec un Juif mais qu’il ne peut pas (alors qu’il a déjà parlé à des musulmans, chrétiens, bouddhistes etc, mais jamais avec des Juifs). 2 J’étais assise à la terrasse d’un bar, on papotait avec un groupe de dix, avec des gens que je connaissais et d’autres que je ne connaissais pas et parmi les conversations, un mec balançait pleins de trucs antisémites genre “que les juifs dominent le monde, que les juifs sont très intelligents et manipulent bien l’argent, ils savent gérer, etc etc.” Et en fait, j’ai rien dit. Je savais pas quoi faire. Personne sait que je suis feuj de ces gens là. J’étais juste bloquée. Vingt fois le mot “juif” a été prononcé de manière hostile: “Que l’affaire Epstein, évidemment du coup c’est un feuj. Qu’on manipule tous les présidents du monde, on les fait ken avec des gosses. Les juifs

Témoignages antisémitisme : Banalisation de la Shoah
1 Mon responsable en restauration m’appelait “la youpine” et m’a dit que je “ressemblais à Anne Frank sans être passée à la douche”. 2 Dans une école secondaire à Bruxelles – école non juive, mais dans laquelle il y avait plusieurs élèves juifs -, il y a eu une fuite de gaz et on devait sortir du bâtiment. Quelqu’un a répété plusieurs fois « les Juifs, c’est bon, vous pouvez rester, vous êtes immunisés. » L’élève Juif le plus récemment arrivé dans l’école a été en parler à la professeure (d’histoire, ironiquement), qui a juste haussé les épaules. 3 J’avais 16 ans, on s’est réunis avec des amis après les cours dans la coloc d’une amie. Je ne me souviens plus de la conversation (sans doute la question des génocides dans le programme scolaire), mais 17 ans plus tard je me souviens encore de cette phrase lancée par une des personnes du groupe : “moi je trouve quand même qu’on parle trop de la Shoah, depuis la primaire on nous bassine avec ça”. Je me souviens être restée sidérée, ne sachant quoi répondre, me sentant presque coupable que la mémoire des miens puisse prendre “autant” de place. “On parle trop de la

Témoignages antisémitisme : “Le nez juif”: racialisation de traits physiques
1 Un jour, lors d’une discussion en classe, le formateur raconte devant tout le monde qu’il s’est déjà fait insulter de « sale juif » dans le métro parce qu’il a une barbe, mais il précise bien : « je ne suis pas juif ». Face à ces propos, je rétorque que moi aussi, je me suis déjà fait insulter de « sale juive » étant plus jeune, mais que, pour ma part, je le suis réellement. Une dizaine de paires d’yeux se braquent alors sur moi, dont ceux du formateur. Ce dernier me dit : « Hein ? Quoi ? T’es juive ? Mais je pensais que les juifs, on les reconnaissait que par leur nez ! » Sur le moment, choquée et prise au dépourvu, j’ai répondu : « Oui, à l’époque d’Hitler, sûrement. » Personne n’a rien dit et le cours a repris. À la pause de midi, j’ai tenté de demander aux autres élèves s’ils n’avaient pas trouvé les propos du formateur choquants. Ils m’ont répondu qu’ils n’avaient pas tout suivi et n’avaient pas relevé ses propos. 2 Automne 2024. Lors d’une pause midi au travail, la conversation tourne autour des passeports et autorisations parentales à

Témoignages antisémitisme : Etre Juif-ve sur les applications de rencontre
Etre Juif-ve sur les applications de rencontre, le match de trop. Essentialisation, injonctions et assignations identitaires Cela fait plusieurs années que je suis sur les applications de rencontre. Et, comme beaucoup de Juives et de Juifs aujourd’hui, je me suis progressivement retrouvée à devoir réfléchir à la visibilité de ma judéité dans des espaces où cela ne devrait pourtant pas être un sujet. Je ne vais pas raconter toutes les fois où, au détour d’une conversation (sur mon travail notamment), après avoir mentionné être juive, j’ai reçu des remarques déplacées, des sous-entendus ou des projections. J’avais peut-être naïvement commencé à croire que renseigner le critère « appartenance religieuse ou culturelle » sur une application de rencontre ne poserait plus autant de problèmes. Rien que le fait de devoir me demander s’il est prudent ou non d’afficher que je suis juive sur un site de rencontre me paraît déjà anormal. Pourtant, j’ai fait le choix de le faire. Cela a duré vingt-quatre heures. Vingt-quatre heures avant que je retire cette information de mon profil à la suite de cet échange. Après avoir déversé toute sa haine, il a directement annulé le match. Il a probablement trouvé le sommeil sans difficulté. Moi,

Revoir la loi contre le racisme ? Pour Golem c’est oui… mais en vue de renforcer la lutte antiraciste et non la détricoter !
Le collectif Golem Belgique s’étonne et s’inquiète des propos du Premier Ministre Bart de Wever, qui a proposé de réduire le champ de la législation antiraciste (et, par ricochet, les dispositions légales qui concernent la LGBTQ+-phobie, le sexisme etc.). Envoyer un tel signal est totalement irresponsable alors que toutes les formes de racisme prospèrent aujourd’hui à un niveau élevé et pourrissent la vie de nombreux citoyens belges. Nous demandons au contraire un renforcement de ces législations, que ce soit en pénalisant l’injure raciste ou en corrigeant la loi pour éviter l’impunité à d’autres Brusselmans. Pour rappel, un tribunal a récemment interprété la loi antiraciste de manière à ce que les propos de Mr. Brusselmans, exprimant l’envie « d’enfoncer un couteau pointu dans la gorge de chaque juif que je rencontre », échappent à toute condamnation. Cette décision a créé un précédent dangereux vidant largement les législations contre les appels à la haine et la violence de leur substance. Sans correction, des propos tels que « j’ai envie de violer toutes les femmes que je rencontre », « j’ai envie de brûler tous les personnes homosexuelles », « je veux poignarder tous les musulmans », bénéficieront aussi d’une impunité. Il est

19 avril: date anniversaire d’un fait de résistance extraordinaire, l’attaque du XXe convoi
Le 19 avril 1943, il y a 83 ans jour pour jour, le XXème convoi de déportation des juifs de Belgique vers Auschwitz est attaqué dans la nuit par 3 résistants : Youra Livschitz Robert Maistriau & Jean Franklemon Ensemble, ils libéreront de leur wagon 17 personnes promises à la mort. De toute la 2ème Guerre mondiale, c’est l’unique épisode de ce type recensé à travers toute l’Europe ! Alors que le front de l’indépendance et le CDJ estiment le projet d’attaquer un des convois de déportation partant de Malines trop risqué, Youra Livschitz, isssu d’une famille juive d’origine bessarabienne installée en Belgique depuis 1927, décide de s’en emparer et convainc 2 de ses amis (non-juifs), Jean Franklemon et Robert Maistriau, de monter l’opération avec lui. Les 3 hommes ont réussi à rassembler…1 seul pistolet, fourni par Richard Altenhoff, pour mener leur assaut du convoi escorté par la police allemande en tête et en queue de train. Le XXème convoi transporte 1636 déportés, pour la 1ère fois dans des wagons à bestieaux, dont plus de 250 enfants. Le plus jeune, Suzanne Kaminski, est âgée de 39 jours. Le plus âgé, Jacob Blom, a plus de 90 ans. Le 19 avril